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Var-Matin
Actualité Golfe de Saint Tropez
jeudi 24 janvier 2008

Sainte-Maxime : Vaincre l'illettrisme, de A à Z

 A l'« Alphabet solidaire », les bénévoles du Secours Catholique accueillent chaque lundi une vingtaine de femmes, désireuses de vaincre leur illettrisme.  :  Photo Luc Boutria A l'« Alphabet solidaire », les bénévoles du Secours Catholique accueillent chaque lundi une vingtaine de femmes, désireuses de vaincre leur illettrisme. : Photo Luc Boutria

Il n'y a pas de tableau noir dans cette classe. Les élèves, uniquement des femmes, font preuve d'une extrême attention.

Pour elles, ce cours revêt une importance toute particulière. Une opportunité qu'elles ne souhaitaient pas manquer : celle-ci s'est manifestée en décembre grâce au Secours catholique. Chaque lundi, des bénévoles leur dispensent des cours d'alphabétisation.

Ce jour-ci, elles ne sont pas loin d'une vingtaine dans le local exigu. Bernard Milliot s'avoue un peu « submergé par le succès de l'opération ». Face à lui, un groupe de sept femmes qui commencent leur sixième séance. Au tableau, Fadila aligne parfaitement les mots. « Elle partait de zéro en décembre, se souvient-il, Elle a fait beaucoup de progrès ».

Sur les cahiers, les lettres sont formées avec application. Pendant la séance, parler dans sa langue maternelle est proscrit. Alors tous les détours sont bons pour assimiler les mots. Ainsi, l'une d'elles, qui maîtrise l'Italien, parvient à créer une passerelle vers le vocabulaire français.

Enthousiasme et volonté

« C'était un rêve », s'exclame l'enthousiaste Manoubia. En une seule phrase et dans ses yeux, tout est suggéré. Les difficultés du passé, l'envie d'avancer par et pour soi-même. À 46 ans, ce « besoin d'école » a été le plus fort. « C'est très très bien, j'attendais cela depuis des années ». Sa volonté s'est propagée autour d'elle. Certaines de ses copines sont venues.

À la table des débutantes, Monique dispense ce premier cours en misant sur l'oralité, des jeux à base de manipulation des lettres et des mots du quotidien. « Apprendre à lire sans posséder le vocabulaire se révèle nettement plus dur », confesse-t-elle.

Pour cette première, Khadija est venue avec son grand cahier rouge, mais a oublié son stylo. C'est une fois à la retraite qu'elle a décidé de remédier à ce handicap. Avec comme aiguillon, le souvenir « des premières dictées de sa fille », aujourd'hui « diplômée et qui travaille dans la finance ».

Sa voisine, elle aussi prénommée Khadija, a reçu le soutien de ses enfants, tous « fiers que je vienne ici ».

Ici, c'est le chemin d'une certaine liberté qui se profile. Et comme tous ceux qui ont manqué de quelque chose dans leur vie, ils veulent aller plus vite. À l'instar de Khadija, elles réclament toutes un cours supplémentaire par semaine.

N.sa.
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