Le ballet des hélicoptères privés, qui dépassent parfois le nombre de vols quotidiens autorisés par la loi, cause de réelles nuisances aux particuliers. D'autant que, les hélistations étant peu nombreuses, les compagnies profitent de terrains privés. : doc Boutria-Fernandez C'est l'été : la bataille des riverains contre les compagnies de transport par hélicoptère reprend de plus belle dans le golfe de Saint-Tropez.
Une réunion organisée par l'association locale Halte hélico s'est déroulée avant-hier à Gassin (notre édition d'hier). 200 personnes étaient présentes pour débattre du problème, présenter leurs doléances, manifester leur mécontentement, signer la pétition en cours. Tous ont répété aux responsables politiques et administratifs présents qu'ils ne se laisseront pas faire.
Dans un communiqué publié hier, l'association pose un ultimatum aux autorités et menace de prendre des mesures énergiques. Ses membres sont mécontents des réponses apportées par le sous-préfet de Draguignan, Françoise Souliman, les gendarmes (dont le commandant de compagnie de Gassin, le capitaine Didio), les responsables de l'aviation civile et les maires présents.
Un ultimatum de deux semaines
Quinze jours : tel est le délai qu'accorde Halte hélico aux pouvoirs publics pour faire respecter la loi, qui limite le nombre d'atterrissages quotidiens et fixe une altitude à respecter en vol. « Si nous ne sommes pas entendus, nous entamerons des actions musclées, et le blocage de Saint-Tropez (1) en fait partie, prévient Jean-Claude Mohlo, président de l'association. Le bras de fer est engagé. La balle est dans le camp des autorités. »
Le ton monte. Pourtant, dès l'hiver dernier, les autorités s'étaient préoccupées de « l'affaire des hélicoptères » ; une réunion avait eu lieu en janvier. Le sous-préfet avait donné quelques mois aux communes de Gassin, Ramatuelle et Saint-Tropez pour proposer un site digne d'accueillir une hélistation. La date butoir du 15 mars avait été avancée.
A l'époque, les associations de riverains s'étaient montrées sceptiques, tant celle de Jean-Claude Molhlo que celle présidée par Michel Perrault, le Collectif contre les nuisances des hélicoptères dans le golfe de Saint-Tropez. Tous trouvaient le délai trop court au vu des différentes contraintes techniques. Et ils n'étaient pas les seuls : Jean-Michel Couve, alors député-maire de Saint-Tropez, avait lui aussi estimé ce délai aberrant, compte tenu des difficultés rencontrées sur ce dossier depuis près de dix ans. De fait, l'été est là et rien n'a avancé.
L'histoire sans fin
Après la réunion de mercredi, la tension s'est accrue parmi les riverains, maintenant prêts à tout pour être entendus et vivre un été préservé du vrombissements des rotors.
Toutes les parties sont conscientes que les transports par hélicoptère ne s'arrêteront pas ; ils sont dans l'air du temps (et de la jet-set). Par ailleurs, les compagnies ont besoin de travailler. Chacun aimerait néanmoins que tout le monde puisse y trouver son compte.
Jean-Michel Couve, en tant que député du Var, et Philippe Vandewalle, député des Yvelines, ont récemment cosigné une proposition de loi visant à accorder aux préfets un plus large pouvoir de réglemententation de la circulation de l'aviation légère et des hélicoptères.
En attendant, la balle est donc bien dans le camp des pouvoirs publics.
1. Jean-Pierre Tuvéri, le maire de Saint-Tropez, n'a pas assisté à la réunion d'avant-hier.