Le major Patrick Fleurance, de la brigade aéronautique de la gendarmerie de Nice, a une nouvelle fois examiné, hier, les lieux de l'accident. : M. R. L'aérodrome de Fayence-Tourrettes était sous le choc hier, après le drame qui s'est joué samedi vers 15 heures (notre édition du 27 janvier) et dans lequel François Ducro, pilote d'essai, et Guy Fournet, ingénieur aéronautique, ont trouvé la mort aux commandes du « Cyrano », un avion considéré comme le plus rapide d'Europe dans sa catégorie. Et qu'ensemble, ils avaient construit.
Ces deux aviateurs expérimentés ont-ils été victimes d'un problème d'ordre mécanique ou d'une panne électronique ? L'accident est-il dû à une erreur de pilotage lors de la man?uvre d'atterrissage ?
Recherche des organes de man?uvre
L'enquête menée par la brigade aéronautique de la gendarmerie de Nice devrait lever ces zones d'ombres qui entourent le crash.
Hier, à l'aérodrome, les enquêteurs ont une nouvelle fois examiné les lieux de l'accident afin de trouver des pièces mécaniques appartenant à l'appareil, notamment des « organes de man?uvre » qui pourraient apporter des éléments de réponse. Ils ont aussi entendu plusieurs témoins. Les auditions devraient d'ailleurs se poursuivre cette semaine dans les locaux de la brigade aéronautique mais aussi à Fayence.
« Nous voulons savoir pourquoi cet avion est passé si bas au point d'accrocher la cime d'un arbre », soulignait le major Patrick Fleurance. Si la cause mécanique est confirmée, l'épave du « Cyrano » qui se trouve actuellement chez un garagiste fayençois, sera envoyée à Saclay (Essonne) pour être examinée par un expert de l'aviation civile.
Un appareil entretenu avec le plus grand soin
Joint hier, Stéphane Morosini, l'un des directeurs de l'école d'ULM qui partageait le hangar « Massé » avec François Ducro et Guy Fournet, privilégie pour sa part une panne technique ou électrique : « Le Cyrano était une machine très rapide. Je n'étais pas sur place, mais avant l'accident on m'a dit qu'il y avait eu un important silence radio à bord de l'appareil, ce qui confirmerait une avarie d'importance ».
Connaissant les deux victimes depuis de nombreuses années, le directeur évoque également l'état de l'appareil : « Le Cyrano a toujours été entretenu avec le plus grand soin. François et Guy étaient d'ailleurs en train de l'optimiser et une fois par semaine, ils venaient s'en occuper. L'avion comptait un peu moins de 200 heures de vol. »
Hier, en hommage aux deux aviateurs, les ULM de l'aérodrome Fayence-tourrettes sont restés à terre.