La hausse de fréquentation se répercute très raisonnablement sur les commerces et restaurant qui multiplient les efforts de décoration comme ici à l'Auberge des Maures... : Photo Luc Boutria Événement multiséculaire, les Bravades réunissent, durant trois jours, les membres des familles de la Cité du Bailli autour des célébrations de leur Saint patron.
Loin d'un spectacle, les cérémonies ont un caractère sacré et les rituels se passent volontiers des acclamations du public.
Ainsi cette fête qui compte parmi les plus anciennes de la région avec ses 450 ans d'existence attire plutôt les habitués venus de la région et peu de touristes, comme le confirme le directeur de la maison du tourisme de Gassin-Pays des Maures.
En effet, pour Emmanuel Bertrand, il y a bien une hausse d'environ 10 % du nombre de réservations durant le week-end des Bravades, par rapport au reste du mois de mai.
Cette clientèle est plutôt composée de « ceux qui ont quitté le golfe et profitent de l'occasion pour revenir ainsi que les personnes venues du département pour passer le week-end. »
Pour lui, ce chiffre est loin de ceux atteints lors d'autres manifestations tropéziennes comme les Voiles : la grande fête du nautisme qui a lieu en octobre attire autant de monde qu'en plein mois de juillet.
La raison de cette faible hausse du nombre de visiteurs lors des Bravades tient, toujours selon M. Bertrand, au fait que « l'événement a un enjeu local. »
Il précise « c'est une fête pour les Tropéziens et donc pas une manifestation sur laquelle nous communiquons beaucoup. Nous voulons respecter la volonté des Bravadeurs de ne pas transformer ce moment en un grand spectacle. Il attire donc la population locale, qui, depuis le temps, connaît les us et coutumes, les codes des cérémonies, leurs lieux et heures. »
Les commerçants constatent la hausse
De leur côté, les commerçants tropéziens jouent le jeu. Et s'ils ornent leurs vitrines de rubans adhésifs rouges et blancs pour éviter que la détonation des fusils n'endommage le verre, un bon nombre d'entre eux consent volontiers à décorer leurs devantures de drapeaux et fanions aux couleurs de la ville. Voire même de se vêtir de rouge et blanc durant le week-end.
La hausse de fréquentation dont témoigne Emmanuel Bertrand se répercute donc, certes raisonnablement, sur leurs commerces. « Nous avons forcément des retombées, chaque fois qu'il y a un événement en ville. Pour les Bravades, si certains commerces sont plus fréquentés, ce sont plutôt les restaurateurs et gérants de bars qui bénéficient de cette augmentation » explique Fulvio Corente de l'Union des commerçants tropéziens.
Pas de hausse de fréquentation au Port
En revanche, le directeur du Port, Hervé Le Fauconnier, n'observe pas d'augmentation significative du nombre de réservations spécialement pour l'événement. « Les Bravades sont une cérémonie tropézienne qui se déroule intra-muros. Ces deux caractères font que les clients du Port ne viennent pas spécialement pour cela. En revanche, vu que les Bravades tombent en même temps que Cannes, certains viennent passer la nuit ici et apprécient de voir les célébrations. »
Ainsi l'événement en gardant son caractère traditionnel et local attire du monde certes, mais plus des gens venus des environs pour une journée que des touristes ayant réservé spécialement pour l'occasion.