1 500 personnes, dont 1 300 militaires, devraient venir gonfler les rangs de la base aéronavale d'Hyères. Elle pourrait récupérer notamment une flottille spécialisée dans les patrouilles maritimes. : Photo doc. Dominique Fournioux «Le Var sera gagnant. » « Toulon est destinée à être une immense base de défense. » Que ce soit par la voix du député des Bouches-du-Rhône, Guy Teissier, président de la commission de la Défense nationale et des forces armées, ou celle d'Hervé Morin, le ministre de la Défense en personne, les nouvelles rassurantes concernant la présence militaire dans le département se sont multipliées ces dernières semaines.
Le mutisme des élus
C'est sans doute pour ces raisons que les élus locaux, notamment les maires, contrairement à leurs homologues de Mourmelon ou de Dieuze qui menacent de démissionner si on leur enlève « leurs » régiments, se sont montrés des plus discrets jusqu'à présent. À moins que le légendaire mutisme de l'armée ne soit contagieux...
Le Premier ministre, François Fillon, peut être rassuré. Sa présentation aujourd'hui, de la tant attendue et redoutée nouvelle carte militaire, n'aura pas été déflorée. Du moins pas par les hommes politiques varois. Pas plus que par les militaires d'ailleurs.
Au 1er Régiment des chasseurs d'Afrique, basé sur le camp de Canjuers, on parle plus volontiers de la restructuration interne actuellement en cours. « D'ici à juillet 2009, le régiment devrait récupérer les fonctions emploi du camp et gestion des champs de tir jusque-là attribuées au groupement de camp de Canjuers », explique le lieutenant-colonel Alzingre, commandant en second du 1er RCA.
Quant à la hausse des effectifs avancée par Guy Teissier (voir nos éditions du 11 juillet), l'officier déclare : « L'impact sur la Dracénie ne devrait être que d'une douzaine de personnels. »
Chez les voisins, au 3e Régiment d'artillerie de marine, la prudence est de mise : « Il y a tellement de bruits de couloir qui courent depuis des semaines, que l'on préfère attendre la version officielle. » Souhaitant garder l'anonymat, un officier se dit néanmoins plutôt serein. Et d'expliquer : « La grande force du 3e RAMA, et, d'une façon plus générale, des unités présentes sur Canjuers, c'est qu'elles ont déjà adopté la mutualisation des moyens, elles ont déjà mis en place les structures des futures bases de défense. »
Montée en puissance de la Ban d'Hyères ?
À Hyères, lieu d'implantation du 54e Régiment d'artillerie, hormis la batterie mise récemment en sommeil - « une mesure prévue depuis longtemps, hors contexte actuel » - le lieutenant Alexandre Fillippini, officier communication, « mais plus pour très longtemps, le poste étant supprimé dans quelques jours », affirme « ne rien savoir ». Avant de préciser sous forme de métaphore : « On sait qu'une vingtaine de régiments vont mettre la clé sous la porte, mais dans le jeu de cartes, on ne sait pas lesquels vont être tirés. »
Malgré l'ignorance ou la discrétion dont font preuve les militaires varois, nous avons obtenu quelques informations. Ainsi, déjà annoncées dans nos colonnes le 11 juillet dernier, l'installation à Draguignan de l'école d'application de l'infanterie, basée jusque-là à Montpellier, serait confirmée. « L'idée est de faire une sorte d'académie militaire. » Avec ce transfert, 500 à 700 personnes, civils et militaires, arriveraient à Draguignan d'ici 2011-2012.
Autre installation varoise appelée à grossir : la base aéronavale d'Hyères. Selon nos sources, très proches des affaires militaires, elle pourrait d'ici à 2012-2013 voir débarquer les flottilles aujourd'hui basées à Nîmes-Garons. Soit quelque 1 500 personnes (1 300 militaires et 200 civils) réparties entre les flottilles 28 F (Nord 262) et 21 F, cette dernière étant spécialisée dans les patrouilles maritimes.
L'information n'a cependant pas été confirmée par la base gardoise.