Des peines de dix mois de prison ferme ont été infligées hier soir par le tribunal correctionnel de Draguignan à deux repris de justice, pour l'agression violente de trois prostituées bulgares à Roquebrune-sur-Argens. Les faits, déjà anciens, s'étaient produits dans la nuit du 8 au 9 mars 2003, dans un hôtel où résidaient les trois jeunes femmes.
Vers 3 heures du matin, deux hommes encagoulés s'étaient introduits dans leur chambre et les avaient frappées pour les voler, couvrant leur fuite en les aspergeant de gaz lacrymogène.
Reconnus par leurs victimes
L'une d'elles avait cependant pu observer un agresseur, dont elle avait réussi à arracher le masque. Elle avait aussitôt reconnu Mohamed Belouazani, un Fréjusien de 32 ans, qu'elle avait eu pour client quelques heures auparavant.
De son côté, le gérant de l'hôtel avait vu les deux hommes s'engouffrer dans une voiture, dont il avait noté le numéro d'immatriculation. Le véhicule était celui de M'Hamed Touati, un autre Fréjusien de 42 ans, qui malgré sa cagoule avait, lui aussi, été reconnu par les victimes, à sa tenue vestimentaire. En effet, Touati n'avait pas jugé utile de se changer entre une première visite aux filles et le moment de l'agression.
Ils nient en bloc
Mes Houel et Moeyaert ont relayé la parole des prévenus, qui niaient en bloc, pour mettre en doute la fiabilité des déclarations des victimes et de l'unique témoin.
A l'inverse, le procureur Sophie Boyer estimait leur culpabilité largement établie par les reconnaissances formelles des victimes, ainsi que par l'élément matériel rapporté par le gérant de l'hôtel. Le tribunal a partagé sa conviction en s'alignant sur ses réquisitions et en ordonnant leur maintien en détention.